Bijoux «œil d’amour» / “Lover’s eye”

Œil d'amour / Lover's Eye

Œil d’amour / Lover’s Eye

Au XVIIIe et XIXe siècles, quelques riches amoureux anglais et européens ont échangé des bijoux particulièrement énigmatiques et rares, appelés «l’œil d’amour». Il s’agit de peintures miniatures serties dans des broches, des médaillons, des bagues ou des bracelets. Ces gages d’amour furent si clandestins qu’encore aujourd’hui, dans la majorité des cas, il est impossible d’identifier les personnes représentées dans ces délicates aquarelles sur ivoire. Les experts affirment qu’il ne reste aujourd’hui dans le monde que quelques centaines d’exemplaires de ces bijoux.

Œil d'amour / Lover's Eye

Œil d’amour / Lover’s Eye

L’histoire des bijoux «œil d’amour» trouverait son origine au XVIIIe siècle, lorsque le prince de Galles (le futur George IV) devint secrètement amoureux d’une veuve catholique, Marie Fitzherbert. Au début, les tentatives du futur roi pour courtiser sa belle et la demander en mariage connurent un échec cuisant. Maria s’enfuit en Europe afin d’échapper à George, mais l’amoureux transit n’abandonna pas pour autant sa cour pressante. Le 3 novembre 1785, le prince écrivit à Maria avec une deuxième proposition de mariage. Mais plutôt que d’y joindre une alliance, il envoya à sa bien-aimée une peinture représentant l’un de ses yeux, réalisée par le célèbre miniaturiste Richard Cosway, sertie dans un médaillon. On ne sait pas si c’est la lettre ou le bijou qui réussit à convaincre Maria d’épouser le Prince. Quoi qu’il en soit, peu de temps après, elle retourna en Angleterre et leur mariage fut célébré secrètement le 15 décembre 1785. Très vite, les miniatures représentant l’œil d’un bien-aimé devinrent populaires à la cour du roi, puis dans toute l’Europe. Selon la légende, ce fut cet épisode entre George et Maria qui en créèrent l’engouement, jusqu’au règne de la Reine Victoria.

Œil d'amour / Lover's Eye

Œil d’amour / Lover’s Eye

Ces bijoux «œil d’amour» furent réalisés par des miniaturistes, ou des portraitistes spécialisés dans les œuvres de petit format. Dans ce cas, ils se concentraient uniquement sur l’un des yeux, surmonté parfois d’un sourcil ou d’une boucle de cheveux, encadré parfois par un favori ou l’ossature du nez. Ces détails pouvaient donner quelques indices sur la personne qui servie de modèle, sans jamais en révéler l’identité. La plupart du temps, un contour flou encadrait l’image, accentuant son mystère.

Œil d'amour / Lover's Eye

Œil d’amour / Lover’s Eye

Ces antiquités devenant de plus en plus populaires aujourd’hui chez les collectionneurs, un certain nombre de faux circulent sur le marché. Par ailleurs, certains artistes actuels réinterprètent ce thème dans leur œuvre picturale, comme Tabitha Vevers ou Fatima Ronquillo.

Œil d'amour / Lover's Eye

Œil d’amour / Lover’s Eye

In the 18th and 19th centuries, wealthy British and European lovers exchanged particularly enigmatic and rare “eye miniatures” jewelry. They were small paintings set into brooches, lockets, rings or bracelets. These love tokens made of delicate watercolors on ivory were so clandestine that, even now, in the majority of cases, it is impossible to identify their recipients or the people they depict. Experts believe that there are fewer than 1,000 “lover’s eyes” in existence today.

Œil d'amour / Lover's Eye

Œil d’amour / Lover’s Eye

The story of lover’s eyes goes back to the end of the 18th century, when the prince of Wales — who later became George IV — became smitten with a twice-widowed Catholic woman named Maria Fitzherbert. He courted Maria Fitzherbert rather unsuccessfully at first. Fitzherbert fled to the Continent, trying to escape George’s attention, but he didn’t give up. On Nov. 3, 1785, the prince wrote to Mrs. Fitzherbert with a second proposal of marriage. Instead of sending an engagement ring, as we might expect today, he sent her a picture of his own eye, set in a locket, painted by the miniaturist Richard Cosway, one of the celebrated artists of the day. It’s not known whether it was the letter or the eye that changed Mrs. Fitzherbert’s feelings precisely, but shortly after that, she returned to England and married the prince in a secret ceremony on Dec. 15, 1785. Soon, the fad for these eye miniatures began to catch on at the King’s court, and then In Europe. So this episode is, according to legend, the genesis of the eye miniature, and the craze lasted until the reign of Queen Victoria.

Œil d'amour / Lover's Eye

Œil d’amour / Lover’s Eye

The images were painted by miniaturists, portrait painters who specialized in small, detailed images. In this case they focused on only the eye, often represented with eyebrow and lashes. A wisp of hair, the suggestion of sideburn or the bridge of a nose would hint at the owner’s identity but never reveal it. A border of clouds frequently encircled the image, further accentuating the mystery surrounding it.

These antiques are becoming increasingly popular today among collectors, consequently, a number of false are circulating on the market. Besides that, some artists reinterpret this theme in their pictorial work, as Tabitha Vevers or Fatima Ronquillo.

© Fatima Ronquillo

© Fatima Ronquillo

Source : Salon, Antique Roadshow

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